cartographierechercheplan du siteaccueil
Situation géographique

Changement climatique
Conférence-Débat sur le changement climatique et les perspectives d’une approche territoriale

Mardi 17 décembre 2013 s'est déroulé à la Médiathèque Intercommunale Aimé-Césaire de Sainte-Suzanne une conférence débat sur le changement climatique, avec présentation des données et conséquences sur l'île et les perspectives d’une approche territoriale. Organisée à l'initiative de la Cinor, cette première s'est déroulé en présence de nombreuses personnalités institutionnelles et associatives.


Chaque région a l’obligation morale de se mobiliser autour de cette problématique. A la CINOR, comme ailleurs, nos citoyens doivent être sensibilisés et comprendre les enjeux liés au changement climatique, même si au quotidien les effets restent encore être peu visibles.


 
Imprimer l'article Suggérer cet article à un ami



Pourquoi cette Conférence-Débat sur le changement climatique ? Si, à l'approche de la période cyclonique, le rendez-vous colle d'actualité, plus globalement, c'est le constat général alarmant faisant état d’un réchauffement sans équivoque, quelque soit le scénario d’émissions de gaz à effet de serre (GES) retenu, qui a déclenché la prise de conscience sur le plan local, notamment à la Cinor.


Un constat tiré des observations des projections climatiques réalisées par différents organismes à travers le monde

De fait, il est maintenant avéré que le changement climatique entraînera des effets plus ou moins importants sur l’ensemble des secteurs d’activités et des territoires.
Face à ce constat, chaque région a l’obligation morale de se mobiliser autour de cette problématique. A la CINOR, comme ailleurs, nos citoyens doivent être sensibilisés et comprendre les enjeux liés au changement climatique, même si au quotidien les effets restent encore être peu visibles.

Face à cette problématique, que faire ? En France, la Charte de l’Environnement (2005), les lois Grenelle 1 & 2 (2008 et 2009), et la Stratégie Nationale de Développement Durable viennent conforter le pays dans son engagement durable. A plus long terme, en 2050, l’objectif français est une réduction par 4 des émissions de Gaz à Effets de Serre (GES).
Dans les zones ultramarines, en lien avec l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) il a été aussi établi qu’au court des 40 dernières années, les températures ont augmenté de +0,65°C à + 1,5°C, suivant les territoires, D’ici la fin du 21 siècle, soit dans 86 ans seulement, les projections prévoient des variations allant de +1,4°C à +3°C. Le niveau marin a cru de 3 à 5mm/an depuis 20 ans avec une projection de +40 ou 60cm à fin de siècle.


Prise de conscience et investissement dans la recherche à La Réunion

Et maintenant , que faire ?... Alors que le réchauffement climatique est prouvé et qu’il est démontré que l’activité humaine en est responsable. Face à ce constat, la CINOR a décidé de prendre le taureau par les cornes: d'informer, d'échanger, d'agir.

«Nos citoyens doivent être sensibilisés et comprendre les enjeux liés au changement climatique, même si au quotidien les effets restent encore être peu visibles. Sur notre île, chaque région, chaque ville, chaque quartier a l’obligation morale, tous ansam', de se mobiliser. », relève Maurice Gironcel, le Président de la Cinor. «Dans la zone Océan Indien , notre devoir est d'alerter et de nous préparer à tous ces changements et d'évoquer toutes les pistes pouvant mener à des solutions. C'est là l'un des buts de notre conférence-débat».
Et c'est vrai que la science a encore beaucoup à faire en particulier au sujet de l’adaptation au réchauffement climatique.

Mais la Cinor veillera à savoir «à quoi nous allons nous adapter. Car les mesures ne seront pas le mêmes d’une région à l’autre. Beaucoup de recherche restent à faire sur l'ensemble de ces aspects».

Dans la zone Océan Indien, ou la tendance sur l’évolution du climat est également constatée, La Réunion est à un certain degré également vulnérable, d’une part du fait de son fort développement démographique et, d’autre part, du fait de son exposition aux aléas naturels. Il s'agira donc d'investir dans la recherche scientifique sur l’atmosphère en zone tropicale:
A travers plusieurs programmes de recherche menés avec l’Université de la Réunion (utilisation du LIDAR,…), notre ile apporte sa pierre à la mesure en termes de température, d’ozone, d’aérosol, vapeur d’eau, etc.

Grâce à ces outils, il est rendu possible les études sur les processus dynamiques qui gouvernent la circulation dans la haute et basse couche de la stratosphère, ainsi que celle visant à expliquer la variabilité à moyen et long terme des paramètres mesurées.

La recherche scientifique ne doit pas pour autant ignorer les observations plus classiques sur notre climat. Grâce à METEO France, acteur incontournable dans l’appréciation du climat sur le territoire national, des études récentes ont pu mettre en évidence deux données majeures: > de 1969 à 2008, une augmentation de la température moyenne de l’île de La Réunion de +0,62°C. avec depuis 1969 une variation approchant +1°C (actualisation 2012) > et, depuis 1969, une évolution du cumul des précipitations avec une baisse significative, du cumul annuel du sud-ouest, encore plus marquée en saison sèche et de l’ordre de -10% par décennie.


Conséquences pour le monde agricole

Les inquiétudes sont réelles. Comme dans d’autres régions du monde, nos agriculteurs font partie des premières populations à être les victimes de ces changements. Ces trois dernières années ont été marquées par une sécheresse tellement importante, que dans certaines zones de l’île, il a été décrété un « état de calamité » agricole, ouvrant droit à une procédure d’indemnisation.

Les pertes financières liées à la production végétale privées d’eau sont importantes. Certains fruits et légumes, plus sensibles à la variation climatiques sont vendus à perte en raison de leur aspect. Dans certaines régions de l’île par exemple, même à 60 centimes le kilo, les tangors ne trouvent pas preneurs.


Définition d'un Schéma Régional Climat Air Energie

Face à ces constats, que faire ? Les pouvoirs publics ne restent pas inactifs. Une première réponse a été apportée par une réglementation qui renforce le niveau de connaissance et de gestion des polluants atmosphériques et qui rend nécessaire une planification à l’échelle régionale. L’anticipation de ce phénomène par une stratégie locale adaptée apparaît donc indispensable.

La réglementation française sur la qualité de l’air, fixée par le Code de l’Environnement et lois Grenelle 1 et 2, invite ainsi La Région Réunion à définir un Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE), constituant de sa contribution aux engagements nationaux. Il se décline via le Plan Régional pour la Qualité de l’Air (PRQA) dont les actions demandent à être poursuivies.
Cette réglementation s’appuyera sur des outils de mesure environnementaux et sanitaires.
Ainsi, la qualité de l’air reste un enjeu important à La Réunion: même si elle est jugée relativement bonne, le risque sanitaire n’est pas à négliger. Les populations devraient être de plus en plus exposées, du fait notamment de l’utilisation importante des énergies fossiles dans la production énergétique, de la prévalence de la voiture sur l’île et des retombées des émissions sur des sols utilisés en agricultures.

Le changement climatique aura également un impact sur la concentration des émissions polluantes dans le sous sol, puisque les fortes pluies provoquent un transfert des polluants atmosphériques vers le sol.

Globalement, cela impliquera à terme une modification des comportements des populations, face à des expositions à venir pouvant présenter un risque sanitaire.


La Cinor lance son Agenda 21

La Cinor s'engage également de façon concrète dans une démarche d'écriture de son Agenda 21 pour son territoire. Et c'est là l'une des missions de la nouvelle Direction du Développement durable récemment mise en place au sein de la Cinor.

Cet agenda 21, à l’échelle de la Réunion tracera les grandes lignes d’objectifs, nécessaires à un développement durable et harmonieux de notre territoire sur la base des 5 finalités maintenant bien assimilées : 1.La lutte contre le changement climatique, 2.La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources, 3.La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations, 4.L’épanouissement des êtres humains, 5.Une dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.
Précisons que Sainte Suzanne s'est déjà engagée en ce sens. Elle est en effet la première commune de l’île à avoir reçu en fin 2012 un label «développement durable, Agenda 21 local France». Grâce à leur politique environnementale et leur application à développer des actions, la ville a ainsi été promue et ambitionne de s’inscrire dans une reconduction de cette distinction pour les 3 prochaines années.

Pour rappel, la ville Sainte Suzanne a choisi un modèle de développement à énergie positive qui permet de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme.


Changement climatique : des actions en perspectives sur le territoire du Nord

> Un plan pour valorisation des déchets sur le territoire du Nord Est

Dans la ligne directrice tracée par le Plan Département de Gestion des Déchets Non Dangereux visant à favoriser la production d’énergie à l’horizon 2020, à promouvoir la valorisation matière et à limiter l’enfouissement, la CINOR a lancé une réflexion à l’échelle du bassin Nord Est pour définir la manière de traiter les déchets ménagers et assimilés.
Ainsi ce ne sont pas moins de 174 000 tonnes de déchets, à horizon 2017 (194 000 tonnes en 2035) qui devront faire l’objet d’un traitement multi filière, pour répondre aux objectifs des lois Grenelles et aux directives européennes. Outre l’énergie, les produits résultant de filières de valorisation sont multiples : le recyclage des matières plastiques, le réemploi des métaux, la production d’un compost de déchets verts permettant d’amender les cultures, la production de mâchefers utilisables dans les sous couches routières,….Elles sont autant de pistes génératrices d’emploi à l’échelle du bassin.

Cette unité de valorisation, avec une production électrique à terme équivalente de près de 100 GWh (Giga Watt Heure) s’inscrira dans une démarche participative de limitation de l’importation des énergies fossiles dans notre île et donc de diminution des gaz à effet de serre. De plus, elle permettra d’alimenter une ville de l’ordre de 70 000 habitants, ce qui correspondrait à presque 95% de l’évolution attendue de la population sur le bassin nord Est à horizon 2035.


> L’alternative de l’Eolien (Ferme éolienne La Perrière)

Avec une cote située « au vent » dans une grande partie de île, le développement de l’éolien demeure une perspective en devenir. Un projet éolien, reste avant tout une démarche volontaire à vouloir développer les énergies renouvelable (ENR). Il demande un site adapté, le soutien administratif et financier (tarif de rachat de l’électricité…) des pouvoirs publics, mais également la prise en compte des éléments techniques et environnementaux : vent inégal (équipement anticyclonique…), cohabitation avec les riverains (impact visuel, sonore, oiseaux), réglementation du POS, etc.

L’expérience menée sur la commune de Sainte Suzanne par la société La Perrière, a consisté à installer 37 éoliennes et 10 MW installés, pour une énergie produite de 12-15 GWh par an (équivalent 20 à 25.000 hab.) qui sera injectée sur le réseau EDF sans stockage préalable.


>Les Perspectives du Photovoltaïque, du stockage et autoconsommation

L’énergie photovoltaïque se base sur l’effet photoélectrique pour créer un courant électrique continu à partir d’un rayonnement électromagnétique. A La Réunion, la filière représente 3 082 installations. La production électrique est de 190 GWh pour 153 MW raccordés au 31/12/2012 (9e sur 26 Régions françaises) et de 182 Wc/hab (2eRégion française après la Corse avec 278 Wc/hab). Le potentiel photovoltaïque (PV) en toitures à l’horizon 2030 est estimé à environ 600 MWc pour l’ensemble de l’île, en supposant de façon plus réaliste que 50 % de ce potentiel soit atteint, on peut estimer que 300 MWc de photovoltaïques pourraient équiper les toitures réunionnaises au maximum en 2030.

Parallèlement quelques sociétés, à l’image de l’entreprise COREX, se sont engagées dans le développement du potentiel de stockage d’énergie, dans le cadre du concept « smartgrid » ou réseau intelligent de gestion d’énergie. L’idée consiste à permettre le développement, le stockage de l’énergie électrique à différents niveau d’utilisation. Chez le particulier par exemple, 6 batteries alimentées par une source d’énergie (le solaire, l’éolien…) pourrait satisfaire les besoins d’une personne pour une journée. La recherche dans ce domaine mérite d’être poursuivie afin de permettre la mise en place de ce concept visant à favoriser une certaine autonomie énergétique jusqu’à dans les foyers réunionnais.


> La nécessaire Maîtrise de la demande en énergie

Sur la Maîtrise de la Demande en Energie, EDF a mis en place en 2012, plusieurs offres afin de permettre aux Réunionnais de s’équiper en solutions éco-performantes.

- 47 883 familles ont bénéficié gratuitement du Pack Hydro’Eco, pour réguler le débit d’eau, et donc de réduire jusqu’à 30% la consommation d’eau et de 20 % celle d’électricité;
- la Promotion de l’eau chaude solaire avec 5 685 chauffe-eau placés et une offre en faveur des clients démunis lancée en partenariat avec le Conseil Régional proposant une aide de l’ordre de 80% de l’investissement) ;
En parallèle, EDF a assuré la promotion de solutions éco-performantes auprès de ses clients tertiaires et industriels, comme l’isolation de toiture chez les clients professionnels (52 124 m² posés); le remplacement de 1 593 climatiseurs de classe C par la classe A, les moteurs adaptés à variation de vitesse, l’amélioration des groupes froid, la réalisation de solutions d’éclairage public éco-performantes (citéco…) ; ainsi que le développement de solutions de stockage d’électricité (projet Millerner).

De manière plus concrète, les actions menées sur le terrain auprès des clients d’EDF ont contribué à l’effacement de 35 GWh et une réduction de 1,2% de la consommation totale par rapport à 2011.


> Plan de Déplacement Urbain : une réponse au changement climatique

Face à une demande globale de déplacement qui va progresser de l’ordre de 177 000 déplacements/jour supplémentaires en 10 ans sur le territoire, en raison d’une croissance de la population de + 30 000 habitants, la production de 13 200 nécessaires de logement et les efforts entrepris pour augmenter l’attractivité du territoire renforcé par rapport à ses voisins, la CINOR révisé son Plan de Déplacement urbain (PDU).

Ce plan ambitieux, chiffré à plus de 250 millions d’euros, vise une préservation accrue de l’environnement (les transports sont responsables de 87% des GES), et une planification de l’articulation entre urbanisation et déplacement. Il propose :
Une place à renforcer pour les transports collectifs et les modes doux
Une offre de transport à faire évoluer en tenant compte, dan le cadre de la couverture du territoire, de la création de nouveaux tronçons de TSCP, dans le cadre d’une programmation pluriannuelle de plus de 100 Millions d’investissement; du niveau de service (BHNS) en préservant l’avenir quant à l’évolution des technologies guidées et ferrées; des solutions alternatives pour la desserte de la Montagne; de la réduction de la place prise par la voiture dans le centre d’agglomération; de nouvelles pratiques de mobilité à instaurer (en terme de stationnement, de pratique du vélo en lien avec le transport collectif…).
- de privilégier des concepts ville courte distance.
- de contribuer à une densification des villes

A la faveur des actions présentées, la Réunion, et plus particulièrement le Bassin Nord Est, est bien dans une démarche volontaire consistant à apporter sa pierre à l’édifice des actions visant l’amélioration de la situation mondiale face au changement climatique.

Cette volonté est aussi bien portée par le secteur privé qui à travers les programmes de recherche et de développement permettront de répondre au besoin des puissances publiques dans l’atteinte des objectifs fixés sur le plan national,; les institutions publiques de recherche qui continueront notamment à caractériser l’ampleur des phénomènes et à conduire les programmes d’investigation fondamentaux nécessaire; de même que par le citoyen, qui conscient que ce changement affectera progressivement son quotidien, fera de cette thématique un des axes prioritaires d’un projet de société à la recherche d’un développement durable.


Contacts : Direction développement Durable : Frédéric Albaret 0692 34 49 01- Hassan Issabhaï 0692 003003.



Mardi 17 décembre 2013 s'est déroulé à la Médiathèque Intercommunale Aimé-Césaire de Sainte-Suzanne une conférence débat sur le changement climatique, avec présentation des données et conséquences sur l'île et les perspectives d’une approche territoriale.


Le réchauffement climatique est prouvé et il est démontré que l’activité humaine en est responsable. Face à ce constat, la CINOR a décidé d'informer, d'échanger, d'agir.


haut de page


Développement Durable